Christine Gennigens,
oncologue au CHU de Liège

De nos jours, comment traite-t-on le cancer des ovaires ?

Christine Gennigens : « 75 % de ces cancers sont diagnostiqués à un stade déjà avancé - III ou IV, selon la classification FIGO, qui comporte quatre stades. Dès lors, on associe un traitement chirurgical à une chimiothérapie. Si la patiente n’est pas directement opérable, on commence par la chimiothérapie. Au stade IV de la maladie, on ajoute souvent un traitement antiangiogénique. Celui-ci combat la croissance tumorale en empêchant la formation de nouveaux vaisseaux sanguins. Lors de récidives, chirurgie-chimiothérapie et/ou traitements "ciblés" peuvent être proposés selon l’état des lieux de la maladie et le status génétique (BRCA) de la patiente et/ou de sa tumeur. »

Combien de temps durent les traitements ?

C. G. : « 8 à 10 jours d’hospitalisation pour la chirurgie. Les chimiothérapies s’étendent en général sur 18 semaines. Avec le médicament antiangiogénique, le traitement peut se prolonger jusqu’à 15 mois. »

Comment est organisée la prise en charge de la patiente ?

C. G. : « Pour tous les cancers et dans tous les hôpitaux, il est obligatoire de réunir un comité de Concertation Oncologique Multidisciplinaire. Il regroupe un oncologue médical, un radiothérapeute, un chirurgien selon la spécialité concernée, mais aussi un radiologue, un nucléariste et un anatomo-pathologiste. Ensemble, ils décident du meilleur traitement pour chaque patient. Aux médecins spécialistes, s’ajoutent le médecin généraliste, mais aussi de nombreuses infirmières spécialisées en oncologie. »

A quels éléments la patiente doit-elle être attentive lors du traitement ?

C. G. : « Aux effets secondaires. La perte des cheveux est inéluctable en raison de la chimio utilisée en première ligne. D’autres effets secondaires peuvent aussi se produire : fatigue, nausées, vomissements, fièvre, constipation, douleurs articulaires… Cela varie d’une patiente à l’autre. Notre philosophie est d’assurer aux patientes la vie la plus normale possible. Mais certaines femmes tolèrent moins bien les traitements et sont affectées dans leur quotidien. »

Quels sont les résultats de ces traitements ?

C. G. : « On diagnostique environ 850 nouveaux cas de cancer des ovaires par an en Belgique. Les guérisons interviennent surtout quand on décèle le cancer à un stade précoce. La difficulté, c’est que ce type de cancer donne peu de symptômes spécifiques d’alerte et qu’il n’existe pas actuellement de dépistage efficace. Pour les stades III et IV, plus de 75 % des patientes répondent aux traitements et entrent en rémission complète. Mais un certain nombre de ces rémissions seront suivies d’une récidive. »