Il est essentiel de traiter l’insuffisance veineuse dès l’apparition des premiers symptômes afin de freiner son évolution et d’ainsi éviter les complications à long terme.

En effet, passé un certain stade, l’insuffisance veineuse devient irréversible et donc chronique. Si elle n’est pas traitée, elle pourrait mener à de graves complications, telles que les thromboses veineuses pouvant engendrer des embolies pulmonaires qui représentent un risque vital.

Pourquoi la maladie veineuse se manifeste…

Qu’elle soit d’origine héréditaire et/ou acquise (suite à une hygiène de vie non appropriée), elle est toujours la conséquence d’une dilatation des veines entraînant un dysfonctionnement des valvules (ou vice versa). Ces valvules ont une fonction de « clapets anti-retour », permettant au sang d’être renvoyé seulement dans la direction du cœur. Or, lorsque ce rôle n’est plus correctement assuré, le sang stagne au niveau des membres inférieurs et augmente la pression à l’intérieur de la veine provoquant ainsi sa dilatation.

Comment la maladie se manifeste…

Au début de la maladie, la nuit suffit à soulager totalement les symptômes et à ramener l’équilibre. Peu à peu, ces gestes simples ne suffisent plus et la progression de la maladie est si insidieuse que l’équilibre se rompt et une aide externe devient alors indispensable.

Les symptômes les plus fréquents de la maladie veineuse sont :

  • une sensation de lourdeur dans les jambes, surtout en fin de journée, apaisée par la surélévation des pieds ou par la marche (début de la maladie)
  • un gonflement des jambes, particulièrement au niveau des chevilles et des mollets
  • démangeaisons, picotements et fourmillements
  • des crampes musculaires
  • l’apparition de tâches rouges, petits vaisseaux rouges (télangiectasies), varices (veines tortueuses et dilatée)
  • mauvaise coloration de la peau (couleur rouille)
  • ulcères veineux

Pour confirmer le présence d’une insuffisance chronique, il convient de consulter votre médecin généraliste qui vous adressera soit à un kiné pour une prise en charge du traitement physique et l’élaboration d’un programme de gymnastique médicale spécifique à l’insuffisance veineuse, soit à un médecin spécialiste pour procéder à des examens complémentaires en vue de valider le diagnostic.

Le traitement…

Pour être efficace, le traitement doit être pluridisciplinaire.

Ainsi, il peut être chirurgical, pharmacologique mais aussi et surtout physique et composé de 3 piliers :

1. Les bas de compression médicale

Le port de bas de compression permet de réduire la dilatation des veines, améliore le retour veineux et diminue le volume de la jambe (effet anti-œdème). La compression élastique est indiquée dans tous les stades de la maladie veineuse chronique. Ces bas existent en différents modèles (bas jarret, bas cuisses, collant) et types (coloris, textures,…) Le choix de la classe de compression (pression exercée à la cheville) revient au spécialiste (médecin, kiné,…)en fonction de la sévérité de la maladie.

Certaines gammes disposent de bas de classe 1 française, plus supportable et plus facile à enfiler que la classe 1 allemande, tout en conservant les propriétés de la compression médicale, au contraire des simples bas de soutien. Grâce aux innovations technologiques, il est à présent possible de prendre soin de ses jambes tout en passant incognito.

Dans certains cas, des bandes de compression vont être préférée à un bas, par exemple, en cas d’ulcère veineux ou chez la personne âgée car la pose de la bande est plus aisée que d’enfiler des bas à pression élevée. Cependant, la pose d’une bande nécessite un apprentissage de manière à éviter les zones découvertes où des œdèmes peuvent se former. Cet apprentissage est indispensable et facilité par les repères de pression imprimés sur certaines bandes.

2. Bouger plus…

L’activité sportive est une précieuse alliée pour stimuler le retour veineux. A contrario, la sédentarité est une véritable ennemie.  La marche et la course seront toujours bénéfiques si elles sont bien exécutées (attaque par le talon et déroulement du pied…).

Les activités physiques qui impliquent un blocage de la respiration ne sont pas conseillés, au contraire des sports d’eau, tel que la gym aquatique et aquabiking. Il est préférable de régulièrement pratiquer une activité physique plutôt que faire de longues séances hebdomadaires.

3. Et enfin, une bonne hygiène de vie

Quelques gestes simples peuvent suffire à combattre l’apparition de la maladie veineuse.

En conclusion, peu importe le stade la maladie veineuse, celle-ci peut dans tous les cas être traitée, mais plus tôt on agit, meilleur sera le résultat et la qualité de vie.

 

Source : Article rédigé grâce à l’interview du Dr. Joseph Harfouche, docteur en kinésithérapie (CHIREC, Bruxelles)