Les maladies cardiovasculaires se déclarent, en moyenne, sept à dix ans plus tard chez la femme que chez l’homme, grâce à la protection temporaire attribuée aux œstrogènes naturels avant la ménopause. Cette protection s’amenuise rapidement une fois atteint l’âge de la ménopause, et le risque croit de manière exponentielle au-delà des 60 ans.

Il n’y a pas que la ménopause

Par ailleurs, les dernières décennies ont vu des modifications notables du mode de vie des femmes, dont l’alimentation déséquilibrée, le surpoids, l’exposition au tabac, le stress, la sédentarité, l’activité professionnelle, dont on voit aujourd’hui un impact majeur sur la détérioration de la santé cardiovasculaire des femmes. Ainsi, l’obésité augmente le risque de maladie coronaire de 46 % chez les hommes, mais de 64 % chez les femmes. Même type de constatation pour les antécédents familiaux, et aussi pour le diabète, qui majore plus le risque de maladie coronaire chez la femme (3 à 7 fois) que chez l’homme (2 à 3 fois). À niveau de risque égal, la probabilité de recevoir des conseils de prévention adéquats et de bénéficier de traitements appropriés est moindre pour les femmes par rapport aux hommes. Au-delà du rôle accélérateur de la ménopause, de l’impact différent de certains facteurs de risque, et de la plus grande difficulté de diagnostique liée en partie au caractère moins évocateur des signes cliniques, le point prioritaire est indiscutablement la promotion d’une prise en charge optimale de la maladie coronaire des femmes.

Un défi de taille

Il y a donc urgence d’adapter la prévention cardiovasculaire à la population féminine, en ciblant les périodes clés de leur vie : première contraception, grossesse et ménopause.